Une perception trompeuse qui nous limite
Qui n’a jamais pensé, face à une situation frustrante ou douloureuse : « C’est la faute des autres ! » ? Un collègue indélicat, un manager trop exigeant, un collaborateur qui ne tient pas ses engagements… Il est tentant de croire que si les autres changeaient, tout irait mieux. Pourtant, cette vision du monde peut nous piéger plus qu’elle ne nous libère.
En attribuant nos difficultés exclusivement aux autres, nous adoptons une posture passive et nous nous privons d’une véritable marge de manœuvre.
Dans cet article, je vais explorer pourquoi cette croyance nous enferme et comment nous pouvons reprendre le pouvoir sur ce qui nous impacte. Vous allez découvrir pourquoi la prise de recul en conflit est une clé pour sa résolution.
Pourquoi cette phrase nous piège-t-elle ?
Lorsque nous pensons que nos difficultés viennent uniquement des autres, nous nous enfermons dans une croyance qui nous limite et ne nous rend pas autonome dans la création de ce qui fait notre bonheur. Cette posture nous amène à attendre un changement extérieur pour aller mieux, ce qui nous rend tributaires des comportements et décisions d’autrui pour être heureux.
En réalité, lorsque quelque chose nous affecte profondément, cela parle aussi de nous :
- Nos attentes envers les autres et leur façon d’agir,
- Notre cadre de référence, forgé par nos expériences passées,
- Nos besoins non satisfaits.
Notre cerveau a une manière bien rodée d’interpréter les situations. Face à un conflit ou une frustration, il cherche à donner du sens à ce qui se passe en attribuant des torts. Mais si nous ne prenons pas conscience de ce processus, nous restons prisonniers de réactions automatiques qui nous desservent.
Exemple concret : Quand un collègue nous coupe la parole
Prenons un exemple : un collègue vous interrompt régulièrement en réunion. Vous ressentez de la frustration et pensez : « Il manque de considération, il m’énerve ! ». Mais que se passe-t-il réellement en vous ? Peut-être que cette situation réactive un sentiment d’injustice ou un besoin de reconnaissance non comblé. En prenant conscience de cela, vous pouvez choisir une réponse plus constructive que la simple irritation.
Reprendre la main sur ce qui nous impacte
Nous pouvons attendre que les autres changent. Quand nous comptons uniquement sur eux pour préserver notre équilibre, nous leur laissons un pouvoir immense sur notre bien-être.
Se poser les bonnes questions
- Qu’est-ce qui, en moi, rend cette situation si difficile ?
- Quels éléments sont sous mon contrôle ?
- Comment puis-je agir autrement pour ne plus subir cette situation ?
Des leviers d’action concrets
Plutôt que de rester bloqué sur ce que les autres devraient changer, nous pouvons :
- Identifier ce qui nous touche réellement: identifier les émotions qui nous anime, quelles valeurs, quelles attentes sont bousculées ?
- Nommer nos besoins et poser un cadre clair : exprimer clairement notre position
- Exprimer nos limites de manière constructive : communiquer plutôt que réagir sur le coup de l’émotion.
- Faire évoluer notre perception : changer notre regard pour ne plus subir les situations de la même manière.
Les étapes 2 et 3 participent à l’affirmation de soi.
L’étape 4 nous permet d’incarner la posture d’altérité.et de sortir d’une vision uniquement centrée sur nous-mêmes.
Changer de perspective pour mieux gérer les tensions
L’ensemble de ces étapes représente l’action de la raison sur nos propres comportements, une approche rationnelle proposée par l’ingénierie systémique relationnelle.
Prendre du recul sur notre propre fonctionnement ne signifie pas tout accepter ni minimiser les conséquences des actes d’autrui. Il s’agit plutôt de se réapproprier notre pouvoir d’action.
L’exemple appliqué : faire évoluer son regard
Pour reprendre l’exemple ci-dessus, si la personne me coupe la parole, c’est parce qu’à cet instant elle ne sait pas faire autrement. Ca parle d’elle. L’idée est de l’emmener elle aussi sur une prise de conscience de la conséquence de ses paroles et de ses actes.
Nous pouvons nous exprimer rationnellement pour aider les autres à prendre conscience de l’impact de leur manière de communiquer et d’agir.
Finalement, la question à se poser n’est pas tant « Pourquoi les autres agissent ainsi ? » mais plutôt « Comment puis-je reprendre la main sur ce que cela provoque en moi ? ».
Si vous savez à quoi vous donnez prise, vous saurez peut-être comment débrancher la prise.