Deux leviers d’une gouvernance locale innovante

Rédigé le 24/02/2025
Jean-Louis Lascoux

La médiation professionnelle et la qualité relationnelle

Les élus locaux, qu’ils soient maires, conseillers municipaux ou régionaux, jouent un rôle central dans la cohésion sociale et la gouvernance de proximité. Dans un contexte marqué par des tensions médiatisées comme croissantes, des attentes citoyennes exigeantes et des défis environnementaux complexes, l’investissement dans la qualité relationnelle et la médiation professionnelle devient incontournable. Ces approches ne sont pas de simples outils techniques : elles transforment la manière de concevoir et de piloter les projets, en plaçant l’humain et l’entente sociale au cœur de l’action publique. Elles positionnent les élus dans un rôle central au regard des aspirations à la paix sociale, à l’apaisement des relations jusqu’à la résolution amiable des différends.

1. La qualité relationnelle : ciment de la cohésion sociale 

La pratique de la qualité relationnelle est, plus que la morale des échanges courtois, la capacité à instaurer un climat de confiance. Elle participe à la prévention des tensions et à fédérer les citoyens autour de projets communs, en leur apportant des repères culturels. 

Face à des problématiques telles que les conflits de voisinage, les débats environnementaux ou les oppositions à des projets d’aménagement, investir dans cette compétence génère des bénéfices immédiats. 

Exemples concrets : 

  • Concertation réussie : lors de la rénovation d’un centre-ville, un maire crée un comité citoyen qui, grâce à des dispositifs de médiation professionnelle, anticipe les conséquences des craintes des commerçants et des habitants. 
  • Dialogue constructif : le recours à un médiateur professionnel permet de désamorcer un conflit lié à l’implantation d’un parc éolien en organisant des rencontres transparentes et constructives avec les riverains. 

Les piliers de la qualité relationnelle : 

  • Ateliers contributifs : permettre à chaque citoyen de se sentir reconnu dans ses préoccupations. 
  • Espaces de dialogue : créer des lieux de dialogue où les avis divergents sont accueillis comme des ressources pour la décision. 
  • Anticipation des tensions : recherche de développement des opportunités d’innovation et d’amélioration. 

2. La médiation professionnelle : prévenir et résoudre les conflits de manière durable

Les conflits, qu’ils soient internes à une organisation municipale ou externes entre citoyens, sont inévitables. Mal gérés, ils peuvent compromettre la paix sociale, affaiblir la légitimité des élus et générer des coûts humains, financiers et politiques importants. La médiation professionnelle, avec son approche méthodologique, offre une réponse durable et constructive à ces enjeux.

Applications concrètes : 

  • Conflit de voisinage : Un maire mobilise un médiateur pour apaiser un litige entre résidents concernant une servitude de passage, évitant un long procès. 
  • Collaboration interne : Une mairie améliore la communication entre ses services grâce à des ateliers de médiation, augmentant ainsi l’efficacité des équipes. 
  • Projets controversés : lors d’un projet de construction, un médiateur facilite les échanges entre promoteurs et associations locales, permettant une solution partagée. 

Les principes fondamentaux de la médiation professionnelle : 

  • Impartialité : le médiateur agit sans parti pris, garantissant une équité totale entre les parties et chaque partie est reconnue dans ses positions et ses ressentis, ouvrant la voie à un dialogue constructif. 
  • Neutralité : les accords trouvés respectent les intérêts mutuels, évitant les récidives de conflit, sans que le médiateur professionnel interfère de manière préférentielle
  • Indépendance : la posture professionnelle garantit chacun de l’engagement déontologique du médiateur vis à vis de toute forme d’autorité. 

3. Formation des élus : un levier stratégique pour la gouvernance 

Dans un environnement où les citoyens exigent plus de proximité, de transparence et de participation, se former à la médiation professionnelle et à la qualité relationnelle est un véritable atout. 

Pourquoi se former ?

  • Renforcer la confiance : un élu formé à la qualité relationnelle sait mobiliser les citoyens autour de projets collectifs. Il sait mieux fédérer en intégrant les préoccupations individuelles et collectives dès le départ.
  • Anticiper les tensions : des compétences relationnelles solides permettent de prévenir les crises bien avant qu’elles ne dégénèrent.
  • Renforcer la posture de leadership : ces compétences améliorent la perception des citoyens en renforçant la légitimité des élus et consolident les relations de confiance.

4. Gouvernance participative : des citoyens acteurs, non spectateurs 

Pour répondre aux attentes croissantes des citoyens en matière de transparence, de participation et de liberté d’expression, les élus peuvent adopter une gouvernance participative. Ce modèle repose sur une articulation constante entre les libertés individuelles et l’exigence d’une entente sociale durable.

Exemple inspirant : 

  • dans une petite commune rurale, le conseil municipal utilise la médiation pour co-construire un projet agricole avec les habitants, les agriculteurs et les associations environnementales. Résultat : un consensus autour d’un plan de développement durable. 

Une approche adaptée à tous les contextes : 

  • en milieu urbain : répondre aux défis liés à la densité de population et à la diversité des attentes. 
  • en milieu rural : fédérer autour de projets souvent perçus comme imposés de l’extérieur. 

5. La médiation professionnelle répond aux défis sociaux 

La médiation professionnelle et la qualité relationnelle offrent des perspectives novatrices pour répondre aux défis auxquels les élus sont confrontés. Ces approches permettent de renforcer la légitimité et la proximité des élus avec leurs concitoyens.

Le véritable apport de la médiation professionnelle réside dans sa contribution à la qualité des relations et à l’entente sociale. Les élus formés à la médiation professionnelle incarnent une nouvelle vision de la gouvernance, axée sur la dynamique contributive. La priorité n’est pas seulement de construire des infrastructures et de faire leur gestion, mais d’abord de renforcer les relations humaines et l’engagement citoyen. Cette démarche est une réponse concrète aux attentes croissantes des citoyens pour une gouvernance participative, implicative et efficace.